MOT DE BEATRICE ET FRANCOIS

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C’est avec émotion que nous nous retrouvons ce soir en mémoire de Sophie et de ce jour béni où elle vint au monde.

Merci au père Bertrand Auville, curé de Garches, de nous accueillir dans notre ancienne paroisse, où Sophie est venue si souvent prier en famille et avec ses amis.

Merci à son Eminence le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, primat des Gaules, d’être parmi nous ce soir. Douce providence que de pouvoir prier avec lui, depuis qu’un lien filial s’est créé entre lui et notre Sophie au ciel, après les moments dramatiques vécus en Guyane.

Merci au Père Sutterlin et au Père Germaix, qui accompagnaient le groupe de Saint-Léon aux JMJ, d’être avec nous ce soir.

Merci à Slava Cheliakov de tenir l’orgue ce soir, de retour ce matin d’une tournée aux USA, pour interpréter des œuvres de Bach, que Sophie, esprit mathématique, aimait comme son père et son grand-père, et maintenant son frère Paul.

 

Sophie, tu dois te dire que c’est « trop ouf », « trop stylé », que l’on soit aussi nombreux pour ton anniversaire. Mais cette fois-ci pas possible de te faire la surprise car tu vois tout de là-haut !

 

C’est l’amour qui nous réunit ce soir:

Amour pour toi

Amour des uns pour les autres

Amour de Dieu

Amour de L’Eglise

Peut-être un mélange des quatre?

Gardons le secret des cœurs et des pensées qui animent chacun de nous en une communion fraternelle, pleine de chaleur et d’humanité.

Aujourd’hui  nous revient le souvenir de tes anniversaires, dont  la date tombait souvent pendant le Carême, comme cette année. Tu te demandais si c’était bien de faire la fête quand même… Cette délicatesse de ton âme est un beau chemin d’inspiration. Elle s’appuyait sur ta vertu d’obéissance profonde à tes parents, à Dieu et à l’Église. Docilité exigeante,  parfois difficile à vivre, parfois source de moqueries, dans un monde où l’indépendance est le moteur exacerbé de la liberté. Docilité de l’agneau qui aime son pasteur, et qui t’a menée progressivement au contraire à la vraie liberté des enfants de Dieu qui suivent le Christ par Amour, avec tes faiblesses et tes limites, mais avec le cœur aimant qui se dilate de joie.

Te connaissant bien, nous savons que tu ne veux pas que nous repartions ce soir les mains vides et le cœur triste, mais avec un petit supplément d’âme pour que notre Carême soit beau, à l’image des petites résolutions de mère Teresa dont tu aimais à te nourrir quotidiennement.

Ces derniers temps tes certitudes de chrétienne se confrontaient à des visions du monde différentes des tiennes, notamment du point de vue de la religion. Tu avais compris que la charité et le sourire étaient la meilleure façon de vivre heureuse et tolérante. Comme toi seule savais le faire, tu avais ainsi inventé un soir devant tes amis de l’EPF l’expression géniale et lumineuse « Shalom Aleikoum ».. !

Tu avais cette soif naturelle de trouver le bon chez l’autre. Alors inspire-nous un Carême nourri des exemples de nos frères en Abraham: le sens de la prière de tes amis juifs, le sens du jeûne de tes amis musulmans, l’amour de l’écriture de nos frères protestants, et le sens de la charité des catholiques, inspirés par la multitude des saints qui ont donné leur vie pour les autres.

Fais nous comprendre pendant ces 40 jours le mystère de la Croix du Christ, seule vrai scandale à nos yeux.

Chers amis, puisque nous voyons cette Croix à l’horizon de nos prochaines semaines, permettez-nous pour finir un témoignage plus personnel. Quand nous avons retrouvé pour la dernière fois le corps de Sophie en paix à Paris, nous avons senti pendant quelques instants que le Christ portait physiquement avec nous cette croix terriblement lourde et meurtrissante. Nous étions soudainement unis à Lui sur la route du Golgotha.

Nous voulons témoigner de cette expérience parce que le Seigneur ne nous laisse pas seuls pour porter le fardeau de notre grande douleur. Merci à vous tous et vous toutes les Simon de Cyrene qui êtes sur notre chemin, nous petit troupeau encore apeuré.

 

Douce Sophie, Ange du ciel, veille sur nous tous ici présents, spécialement Juliette, Paul et Matthieu, ce soir et jusqu’à la fin de nos jours, pour que nous te retrouvions dans le bonheur éternel.

 

Avec toute notre affection.