Messe à Saint Christophe de Javel, le 6 mars 2015

Homélie du Père Germaix pour le 23e anniversaire de la naissance de Sophie.

 

Le récit de Joseph vendu par ses frères et la parabole des vignerons sont deux annonces de la Passion de Jésus.

Joseph, jalousé, méprisé, vendu, deviendra l’un des personnages les plus influents de l’Egypte des pharaons.

La pierre rejetée par les bâtisseurs qui deviendra la pierre d’angle, c’est Jésus lui-même, humilié et condamné à mort, qui, par sa Résurrection, sera pour toujours la source de vie pour tous les hommes qui croient en lui.

Comment ne pas penser ici à tous nos frères chrétiens d’Orient si courageux, qui acceptent de tout perdre, leurs biens, leur liberté et parfois leur vie pour rester fidèles au Christ.

Ils sont les pierres angulaires dont le monde a besoin, dont l’Eglise a besoin…

Au cœur de ce Carême, l’Eglise nous invite à construire notre vie sur cette pierre angulaire qu’est le Christ.

Car ce temps de Carême, nous le savons, n’est pas un temps de tristesse : C’est un temps de grâce, un temps qui nous est donné pour MIEUX VIVRE, pour « repartir du Christ », selon, l’expression de Saint Jean-Paul II.

C’est le temps qui nous conduit à la joie de Pâques.

Arrêtons-nous un instant sur la prière d’ouverture de cette messe. Nous demandons à Dieu « la grâce de parvenir aux fêtes pascales qui approchent AVEC UN CŒUR LIMPIDE ».

Nous sommes rassemblés ce soir à l’occasion de l’anniversaire de Sophie, née il y a 23 ans aujourd’hui. Beaucoup d’entre vous ont mieux connu Sophie que moi, qui n’ai vécu avec elle que cinq jours en Guyane.

Ces quelques jours m’ont permis de voir que Sophie avait « un cœur limpide », un cœur pur, un cœur simple. (cf. ses dernières paroles à Radio Notre-Dame, la veille de sa mort) : Comment être témoin de Jésus-Christ quand on a 20 ans ? En vivant de Jésus-Christ ! On n’a pas forcément besoin de tous aller parler, crier partout autour de nous, mais on peut être des témoins de l’amour du Christ, en vivant notre vie très simplement »

 

Sophie est partie vers le Seigneur avec un cœur d’autant plus limpide qu’elle s’était confessée l’avant-veille de sa mort (elle fut l’un des rares membres de notre groupe à se confier à la Miséricorde de Dieu dès la première occasion qui nous fut proposée).

Oui, nous sommes tous invités à parvenir aux fêtes pascales avec un cœur limpide.

 

Ce désir d’un cœur nouveau, d’un cœur simple, se retrouve dans la belle prière du Cardinal Newman que Sophie aimait tant et qui sera lue à la fin de cette messe.

Pour terminer, je vous invite à faire monter vers le Seigneur ces intentions de prière que l’Eglise nous proposait ce matin pour la prière des Laudes :

 

Nous voici devant toi Seigneur Jésus, comme un fils qui a dilapidé l’héritage : Toi le Fils bien-aimé, conduis-nous vers le Père.

R/ Conduis-nous vers le Père

 

Nous voici devant toi comme la pécheresse accusée : toi qui es sans péché, donne-nous le pardon

R/ Donne-nous le pardon

 

Nous voici devant toi comme Zachée le publicain : toi l’ami des pécheurs, apprends-nous à donner

R/ Apprends-nous à donner

 

Nous voici devant toi comme la femme de Samarie : toi, la source cachée, fais-nous boire l’eau vive

R/ Fais-nous boire l’eau vive.

 

Nous voici près de toi comme Jean au Calvaire : toi le Fils de Marie, regarde ton Eglise

R/ Regarde ton Eglise

 

Oui, avec l’aide de Sophie, près de Dieu, continuons généreusement notre marche vers la joie de Pâques, vers la joie de la Résurrection.

« Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur ».

Amen