Mot des amis de Sophie

Sophie nous a appris qu’on pouvait vaincre le temps, le dilater à l’infini. En vingt-et-un ans, elle aura fait trois fois le tour du monde, encadré une cinquantaine de guides, été déléguée d’au moins neuf classes, accueilli une vingtaine de nouvelles élèves, emmené une centaine de personnes âgées à Lourdes. Elle aura animé un nombre incalculable de réunions de famille, préparé une bonne quantité de messes à Daniélou, fait rire des classes entières, rendu heureux des amis innombrables.

Sophie est un débordement, un tourbillon de gaieté communicative émaillé de paradoxes : elle est celle qui a peur des inconnus mais qui distribue des repas aux SDF, celle qui commence son énième régime par trois beignets, parce que quand même, il faut commencer en douceur, celle qui réserve son dynamisme non pas à la salle de sport mais à l’éloge des autres, celle qui déteste quitter son lit mais qui vole au secours des défavorisés à l’autre bout du monde. Elle est l’hypersensible aux grands soucis et au grand cœur, celle qui s’émerveille d’un rien, celle qui se cache quand un ami lui rend visite, juste pour lui faire la surprise, le cadeau de sa présence.

Sophie est une synthèse tendre d’innocence, d’anxiété et de fraîcheur. Simple et vraie, sa spontanéité nous ramène à l’essentiel : un esprit de famille à toute épreuve et un sens de l’accueil et de l’écoute d’une rare profondeur.  Elle a beau être en retard aux rendez-vous, Sophie nous a tous devancés par sa foi inébranlable. Elle a tenu la première à transformer l’essai pour veiller sur nous tous de là-haut. Comme elle le dit elle-même dans un mail, la mort n’existe pas : « à notre mort, on ne meurt pas, parce que Jésus qui est en nous est réellement vivant éternellement » et de conclure avec un si caractéristique « c’est trop rassurant en fait ! »

A présent, l’éternité s’offre à elle pour mettre en œuvre son talent le plus précieux : celui de rendre les gens heureux.