D’un père de famille présent à la messe du 17 juillet 2014

Je ne connaissais pas Sophie, seulement son père, François, par relation professionnelle. Et j’ai pourtant, en l’apprenant, été ému par son décès accidentel jusqu’à m’en remuer profondément, comme si elle m’était proche. Sans doute ce malheur m’a-t-il alors renvoyé à la si fragile condition de parents…
En voyage au moment de ses obsèques, il y a un an, et n’ayant pu y participer autrement que par la pensée, j’ai tenu à assister à la messe anniversaire, le 17 juillet dernier. Une cérémonie simple, belle, touchante et vivifiante. Sentiment partagé par tous ceux avec qui j’ai pu échanger au sortir de l’église Saint-Léon.
Cette heure de messe fut pour moi un moment de grâce qui m’a offert une belle ouverture et une profonde réflexion sur le sens de la vie et de la mort, mon rapport à Dieu, aux autres et au monde.
Une lueur a jailli. L’homélie de Monseigneur Lefèvre-Pontalis, pertinente, délicate, aux mots parfaitement choisis, m’a touché au cœur, comme l’ensemble des paroles de ceux qui sont venus rendre hommage à Sophie. Et ce groupe de jeunes si accueillants et sensibles, dont elle fait à jamais partie.
Je savais, en rentrant chez moi, que je n’oublierais ni ce moment d’émotion ni l’image de Sophie, qui était d’évidence une très belle personne. Je savais aussi que son exemple éclairerait désormais souvent notre route, désireux de le faire vivre à l’avenir autour de moi. Le très beau livret dédié à sa mémoire, qui m’avait été remis et que je conserve précieusement, allait m’y aider.
Et puis, dès le lendemain, une éclaircie dans une relation passablement compliquée avec le plus jeune de mes deux fils… Coïncidence ou pas, il prenait l’initiative, au lendemain de cette cérémonie et alors que nous ne nous étions plus vraiment parlé depuis plus d’un an, de se remettre en contact avec moi en des termes positifs et encourageants: nous avons échangé comme rarement et j’ai beaucoup pensé à Sophie et le message qu’elle portait au moment d’essayer de l’orienter vers la voie la plus salutaire pour lui et pour son avenir, en une période de turbulences où il se confronte douloureusement aux difficultés de l’âge adulte. Depuis, il m’a téléphoné ou envoyé un courriel chaque jour! Et, pour agrémenter encore ces retrouvailles, l’annonce, quelques jours plus tard, qu’il a enfin trouvé un emploi, lui qui ne s’en sortait plus depuis des mois, et un emploi inattendu, très valorisant et à des conditions inespérées…
Le souvenir de Sophie et la force des siens face à ce grand malheur nous ont déjà aidés. Et même si notre chemin est encore long et semé d’embûches, je suis sûr que cette lumière continuera à nous guider.
Je ne connaissais pas Sophie mais je la connais maintenant. Elle nous accompagne au quotidien et vers l’éternité où son sourire nous attend. Tranquillement, sereinement.
Merci Sophie, merci à tous !