de Frédérique: j’ai tant de choses à te dire, Sophie

Sophie.

J’ai tant de choses à dire depuis des mois et pourtant je ne les ai jamais écrites.

Un dimanche après la messe de 19h, on avait un diner préparation JMJ au champ de mars. Je crois que tu es arrivéeaprès le pique nique !

Mon premier souvenir que j’ai de toi, tu marchais sur les pelouses et tu paraissais plus âgée que moi : tu semblais être une fille sympa, souriante, toute mimi.

Avec quelques personnes ça a fini en verre au café 15 ! On a chanté, on ne se connaissait pas, c’était sympa comme soirée. Je me souviens encore où tu étais assise dans ce café PMU où nous aimons encore nous retrouver avec Grégoire, Sibylle, Ségolène, et Blanche .pour parler en toute intimité, sans les mondanités des cafés environnants.

A un moment j’ai annoncé mon départ. Tu as du me demander où j’habitais et on a fini par prendre le métro toutes les deux.

On a échangé quelques banalités. Tu m’as donc dit que tu étais à l’EPF, que tu habitais à Javel depuis quelques années, que Saint Léon n’était pas ta paroisse normalement. On s’est dit à très bientôt en se quittant.

A vrai dire, je ne me souviens pas des conversations exactesde notre rencontre mais ma première impression de toi, futtout de même positive. Je garde un bon souvenir de ce soir la.

Une ou deux semaines plus tard, je me souviens de ma réaction, du sourire que j’ai eu en recevant un inbox de toi, suite à la réunion JMJ que j’avais loupé. Le voici « Hellooooomon ptit! Comment ça va?

T étais pas la hier! Trop dommage… C’était très beau!

J’espère que tout va bien pour toi!

On se voit le 23! Biiiiz »

Moi qui avait un peu perdu dans ma foi depuis quelques mois, je me suis dit waouu elle parle d’une veillée d’adoration comme d’une œuvre d’art ou d’un concert ! J’étais admirativequ’elle parle via facebook d’une adoration, et j’aimaiségalement sa spontanéité.

La veille du départ des JMJ nous sommes allées avec Sibylle, rue du commerce nous acheter des chaussures pour les jmjchez H’M. La paire à 10e, pas trop moche, qu’on utiliserait à fond pendant les jmj et qu’on jetterait ensuite. Je me suis aussi achetée une robe bleue.

Tout de suite à l’aéroport, je me souviens que Sophie nous a fait la remarque « ahah on a toutes acheté les mêmes chaussures h’m », Anne-Lorraine que je rencontrais pour la première fois, en ayant aussi.

Dans la salle d’embarquement, Sibylle stressa car elle avait oublié ses médicaments contre le stress dans son sac en soute. Très naturellement Sophie, lui expliqua que tout allait bien se passer. Elle nous raconta son stage chez Air France, et également le stress qu’elle avait eu en rentrant de Rio quelques années après le crash. Elle nous affirma qu’elle était capable de nous dire à quel moment on passerait le fameuse zone inter tropicale à notre retour. En nous racontant tout ça je ne pensais pas que Sophie était aussi stressée que ça de prendre l’avion.

Dans l’avion : Sophie était pas très loin de moi ! Je ne l’ai pas remarqué tout de suite, tout comme Greg, qui était juste derrière moi, car au fond prendre l’avion ne me rassure jamais totalement.

Je me souviens du gros paquet de madeleines qu’elle avait apporté dans l’avion, et qu’elle partageait bien volontiers. Elle avait également chipé une bouteille de sprite derrière ! On était heureux, on rigolait, on parlait des films qu’on regardait.

A l’atterrissage, à Cayenne, j’ai regardé devant pour voir si Sibylle serait un peu plus détendue qu’au décollage, et à ma grande surprise c’est Sophie qui semblait la plus paniquée. Elle s’était recroquevillée sur son siège, alors qu’elle avait mis toute sa pêche pour détresser Sibylle le matin même. Je trouvais cela étonnant !

En Guyane : Sophie avait tout de suite adopté sa famille d’accueil bien qu’elle nous avait dit cash que la Guyane n’était pas franchement le lieu de vacances idéal. Elle tenait toujours par la main, la petite fille de sa famille, elle était très maternelle. Je sentais qu’elle était très attentive à l’égard de sa maman d’accueil. C’était tout simplement beau à voir. J’étais admirative, je la trouvais d’ailleurs rayonnante, et tellement belle quand elle souriait. Elle semblait heureuse ! C’était limite étrange car je me suis surprise plusieurs fois à la regarder vivre quelques secondes, et ne pas pouvoir quitter mon regard de ce rayon de soleil. Il y avait un truc clairement.On sentait que dans sa foi elle était très avancée.

Dimanche 14 juillet :

Sophie aimait les bons plans, ma robe toute simple de chezh’m, elle repéra que c’était une robe h’m. « Elle est trop cool ta robe. Elle vient de chez H’M ? » Et la j’y voyais sa simplicité qui faisait certainement son bonheur.

En attendant le déjeuner. Anne-Lorraine et elle, devaientpréparer l’animation de la messe du lendemain, et Sophie me désigna pour chanter car elle trouvait que je chantais bien.J’étais toute gênée car c’était Anne-Lorraine et elle qui devaient chanter. J’ai néanmoins accepté. Sophie était peut être timide mais elle aurait certainement surmonté sa timidité comme elle le faisait pour la chronique de Radio Notre Dame.

Sophie aimait aussi les potins ! Au déjeuner on parla des éventuels couples de notre groupe, on rigola beaucoup. On aborda également des sujets de jeunes comme l’alcool en soirée, elle me dit qu’elle ne buvait pas beaucoup. Elle était àl’écoute, ne jugeait pas, je ne me suis pas énormément confiée à elle, mais au fond je sens que je n’avais pas besoin de parler.

Sa maturité que j’avais donc vue la première fois en elle auchamp de mars se confirmait dans nos conversations lors de ce déjeuner. Mais néanmoins, on rigolait sur des choses légères.

On prit un bain de soleil juste après le déjeuner. Elle me parla de l’ile de ré d’où elle revenait je crois bien, de la pluie et du beau temps qu’on avait eu ces derniers mois à Paris. On se tartina de crème. Puis on rentra pour danser la fameuse dansedes noirs marrons : les « bushinengués ».

Ce matin : j’avais réussi à dormir quelques heures, je n’étaispas de très bonne humeur, je me rappelle d’un premier sourire de ta part, dehors alors qu’il faisait encore nuit complète : une façon de dire bonjour. Tu m’as souris plus que d’habitude ce matin la. Ca me rassure maintenant.

Je me souviens enfin de ce dernier sourire, avant que tu ne te retournes une dernière fois pour t’asseoir.

Merci Sophie d’avoir éclairé ces quelques jours, de m’avoir aidé à retrouver ma foi malgré cette terrible matinée. Merci d’être là dans ma vie encore aujourd’hui, même si je ne t’ai pas beaucoup connu. Frédérique.